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L’intégration, une phase clé

APEC RH MARS 2011

Le recrutement ne se limite pas à l’embauche. Pour donner à la collaboration toutes les chances de devenir pérenne, encore faut-il réussir l’intégration.

Dans la vie comme au travail, l’accompagnement est indispensable pour faire ses premiers pas. Certaines entreprises l’ont bien compris. EDF a lancé en 2010 un « baromètre d’intégration », soit une enquête TNS-Sofres pour connaître le sentiment de ses nouvelles recrues. «  Cettte démarche nous a confirmé l’importance pour les nouveaux arrivants d’être accompagnés dès leur arrivée, estime Gilles Gateau, Directeur des compétences et de la performance sociale à EDF. C’est tellement basique qu’on n’y prête pas assez attention : en évitant d’attendre 3 jours pour avoir un mail, l’image de l’employeur est préservée ! » EDF prévoit aussi trois entretiens tout au long de la première année, pour accompagner le salarié dans son intégration. Un autre entretien baptisé « vision moyen terme » a lieu également au bout de trois ans, car « c’est l’occasion de proposer de nouvelles perspectives à une période propice aux baisses d’enthousiasme », poursuit Gilles Gateau. D’autres entreprises renforcent l’accompagnement en amont de la prise de poste. Le cabinet Deloitte met ainsi en place une plate-forme sur internet pour mettre en relation les étudiants, les candidats et les salariés déjà en poste.

Eviter le sentiment d’isolement

L’accompagnement n’est cependant pas si fréquent. Selon une étude de l’Association nationale des DRH sur la prise de poste, 58% des recrutements externes et 73% des mobilités internes ne donnent pas lieu, au bout d’un mois, à un bilan formel : « Nous notons que les responsables hiérarchiques ne prennent pas suffisamment de temps pour clarifier leurs attentes, observer et être à l’écoute de leur collaborateur ayant pris un nouveau poste », précise l’étude. Cela génère parfois un sentiment d’isolement chez les salariés : ils ne parviennent pas à intégrer la culture de l’entreprise, ni à nouer des relations au sein de leurs équipes. Le constat est encore plus frappant « en cas d’absence ou d’insuffisance de moyens (séminaire, coaching, formation, mentoring…) pour accompagner un cadre dans sa prise de poste. » Une étude de l’APEC auprès des cadres débutants, également publiée en septembre 2010, confirme que les principales difficultés sont liées à un manque de communication. En outre, les trois quarts de ces nouvelles recrues considèrent leurs collègues de travail et leurs supérieurs comme « les personnes-ressources » pouvant les aider à s’intégrer. « Ces cadres veulent un manager qui les coache ! souligne le consultant Julien Pouget. Qui explique, qui accompagne… Bref qui donne du sens à leur travail. »

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